Spécialiste en biologie moléculaire et enseignant-chercheur au Gabon, le Dr Claude Gnacadja consacre ses travaux à la lutte contre les maladies des cultures et au renforcement de la sécurité alimentaire. Un engagement qui conjugue recherche scientifique, innovation agricole et transmission des savoirs.
Une vocation scientifique tournée vers les besoins des populations
Derrière les laboratoires et les microscopes se jouent parfois des batailles décisives pour l’avenir alimentaire du continent. Depuis le Gabon, le Dr Claude Gnacadja fait partie de ces scientifiques africains qui ont choisi de mettre la recherche au service des producteurs et des communautés. À 39 ans, cet enseignant-chercheur béninois consacre son expertise à un objectif essentiel : renforcer durablement la sécurité alimentaire en Afrique.
Titulaire d’un doctorat et formé en biologie moléculaire, biochimie et technologie alimentaire, il exerce actuellement à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean (UIL-BJ). Pour lui, la science ne trouve sa véritable utilité que lorsqu’elle apporte des réponses concrètes aux défis du quotidien. Cette conviction guide l’ensemble de son parcours.
En parallèle de ses activités d’enseignement, il contribue à former les futures générations de scientifiques et participe notamment à la coordination de la nouvelle filière Agronomie de la Faculté des sciences de l’Université Omar Bongo. Une manière, selon lui, de transmettre les connaissances nécessaires pour préparer l’agriculture africaine de demain.
Quand l’innovation devient un allié des agriculteurs
Au fil des années, le Dr Claude Gnacadja a fait de la recherche appliquée son principal terrain d’action. Responsable du Laboratoire de biologie moléculaire et de biotechnologie du programme WAVE au Gabon, il coordonne des travaux visant à mieux comprendre les maladies virales qui menacent les cultures, en particulier le manioc, aliment de base pour des millions de personnes en Afrique centrale.
Ses recherches vont de la surveillance des maladies à l’identification des virus et de leurs vecteurs, en passant par la caractérisation des différentes variétés cultivées au Gabon. Mais son engagement ne se limite pas aux laboratoires. Avec ses équipes, il œuvre également au transfert des connaissances auprès des producteurs, des coopératives et des accompagnateurs agricoles.
L’une des innovations qui le passionnent particulièrement est l’application NURU, un outil technologique permettant aux agriculteurs de détecter eux-mêmes, directement dans leurs champs, les signes d’apparition des maladies des plantes. Une manière de rapprocher la science du terrain et de donner aux producteurs des moyens supplémentaires pour protéger leurs récoltes.
Au cours des cinq dernières années, il a également dirigé le projet VEG KAFACI Gabon, soutenu par la Corée du Sud. Cette initiative a permis d’améliorer les connaissances sur la filière tomate, de sélectionner des variétés prometteuses, d’optimiser les techniques culturales et de renforcer les compétences des différents acteurs du secteur maraîcher.
Son expertise est aujourd’hui reconnue au-delà du Gabon. Membre du groupe Suivi-Évaluation-Apprentissage du CORAF, il participe à l’amélioration des systèmes de suivi des projets agricoles à l’échelle régionale et intervient régulièrement comme consultant auprès de programmes soutenus par le FIDA, l’Union européenne ou encore KAFACI.
Former, transmettre et préparer l’avenir
Parmi les initiatives qui lui tiennent le plus à cœur figure sa contribution au programme régional WAVE, soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. Au-delà des avancées scientifiques, ce projet lui a permis de participer à la formation de jeunes ingénieurs, d’accompagner des étudiants en master et de contribuer à l’encadrement de doctorants.
Pour le chercheur béninois, le développement agricole ne peut être durable sans investissement dans le capital humain. C’est pourquoi il accorde autant d’importance à la transmission des savoirs qu’à la production de nouvelles connaissances.
Les actions qu’il mène contribuent directement à plusieurs Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 2 consacré à l’élimination de la faim et l’ODD 13 relatif à la lutte contre les changements climatiques. Si aucune distinction internationale ne vient encore couronner son parcours, il préfère voir dans les résultats obtenus au profit des institutions et des communautés la plus belle des récompenses.
Sa conception du développement durable tient en une phrase : produire des solutions scientifiques et innovantes capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations tout en préservant les ressources pour les générations futures.
Une conception du développement qu’il exprime avec simplicité : « Investir dans la recherche technologique et l’agriculture durable, c’est investir dans la dignité, la résilience et l’avenir des populations. »
À travers son parcours, le Dr Claude Gnacadja illustre l’émergence d’une génération de scientifiques africains qui font de l’innovation un levier de souveraineté alimentaire et de développement durable. Des chercheurs convaincus que, derrière chaque récolte préservée, se trouvent des vies protégées et des futurs rendus possibles.
