Au Bénin, un nouveau projet entend accompagner les femmes rurales dans le développement de leurs activités économiques, dans un contexte marqué par les enjeux croissants de structuration des filières locales et d’accès aux marchés.
Une dynamique centrée sur la structuration des activités économiques
Dans plusieurs zones rurales du Bénin, les femmes jouent un rôle essentiel dans les activités agricoles, la transformation des produits et la gestion des économies locales. Pourtant, leur accès aux marchés, aux financements et aux mécanismes de valorisation demeure souvent limité.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet PRO-NYONU SI, lancé le 24 avril 2026 dans la commune de Lokossa. L’initiative s’appuie sur des expériences antérieures ayant déjà permis d’accompagner 180 femmes dans le développement d’activités génératrices de revenus.
Le projet est porté par un consortium réunissant JVE Bénin et Les Jardins de l’Espoir. Il a été sélectionné dans le cadre du 4ᵉ appel du Fonds Innove de SUCO et bénéficie d’un financement de Affaires mondiales Canada. L’ambition affichée est désormais de franchir une nouvelle étape en renforçant la structuration des groupements féminins. L’enjeu est notamment de favoriser leur formalisation en coopératives afin d’améliorer leur organisation, leur visibilité économique et leur accès aux opportunités commerciales.
Valorisation des produits et accès aux marchés

Au-delà du renforcement organisationnel, le projet entend répondre à plusieurs difficultés persistantes rencontrées par les femmes rurales, notamment en matière de commercialisation des produits. Les premières initiatives menées ont permis d’enregistrer des avancées dans l’amélioration des rendements agricoles, la réduction des coûts de production ou encore le développement de la transformation des produits halieutiques. Mais la faiblesse des circuits de commercialisation et le caractère souvent informel des activités continuent de limiter les perspectives de croissance.
Pour y répondre, PRO-NYONU SI prévoit la création d’un label collectif destiné à mieux valoriser les produits issus des coopératives féminines. Le développement de mécanismes de commercialisation innovants, notamment à travers une plateforme digitale, figure également parmi les orientations retenues.
Cette approche traduit une évolution des stratégies d’accompagnement du monde rural, où les outils numériques commencent progressivement à être intégrés dans les dynamiques de développement local.
Les femmes rurales au cœur des dynamiques de transformation
L’une des particularités du projet réside dans la place accordée aux bénéficiaires elles-mêmes. Les femmes impliquées ne sont pas uniquement considérées comme des destinataires des actions mises en œuvre, mais comme des actrices participant à la gouvernance des coopératives et à la définition des orientations économiques. Cette démarche s’inscrit dans une logique de développement inclusif, qui met l’accent sur la participation communautaire et la consolidation des capacités locales.
Le projet contribue ainsi à plusieurs priorités portées par le Système des Nations unies, notamment l’objectif de développement durable 5 (odd 5). Plus précisément, il fait écho à la cible 5.a, qui vise à garantir aux femmes un accès équitable aux ressources économiques et productives, ainsi qu’à la cible 5.5, consacrée à leur pleine participation aux processus décisionnels. L’initiative rejoint également l’objectif de développement durable 8 (odd 8), en particulier la cible 8.3, qui encourage le soutien aux activités productives, à l’entrepreneuriat et à la formalisation des micro et petites entreprises, ainsi que la cible 8.5, relative à l’accès à un travail décent et productif pour tous.
Dans un contexte où les enjeux de résilience économique occupent une place croissante dans les politiques de développement, ce type d’initiative illustre la volonté de renforcer les capacités productives locales tout en favorisant une meilleure inclusion économique des femmes rurales.
