Dans le nord de la Côte d’Ivoire, le projet Kong Solaire bénéficie d’un financement de 55,5 millions d’euros. Sa future centrale de 50 MWc devrait produire 96 GWh d’électricité par an à partir de 2028 et contribuer à réduire les émissions de CO₂.
La centrale solaire de Kong illustre la place croissante des investissements privés dans la transition énergétique en Afrique de l’Ouest. Annoncé en octobre 2026, le financement du projet doit soutenir la construction d’une installation photovoltaïque dont la production annuelle est estimée à 96 GWh. Au-delà de cette capacité, l’enjeu sera de convertir cet investissement en une production électrique fiable, moins carbonée et utile au développement économique.
La centrale solaire de Kong vise près de 240 000 personnes
Le projet se situe à Kong, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Il a obtenu un financement de 55,5 millions d’euros auprès de FMO, la banque néerlandaise de développement entrepreneurial. L’opération est portée par Kong Solaire SAS, avec Africa Via, AXIAN et InfraCo, une structure du Private Infrastructure Development Group.
D’une puissance de 50 mégawatts-crête (MWc), la centrale devrait générer environ 96 gigawattheures (GWh) d’électricité par an. Les promoteurs estiment que cette production pourrait couvrir les besoins de près de 240 000 personnes. Le projet devrait également permettre d’éviter environ 54 000 tonnes d’émissions de dioxyde de carbone chaque année.
Ces chiffres restent toutefois des projections. Les 240 000 personnes évoquées ne correspondent pas nécessairement à autant de nouveaux raccordements au réseau électrique. Il s’agit d’une estimation des besoins énergétiques pouvant être couverts par la production attendue. La mise en service est prévue pour 2028. La centrale solaire de Kong devra alors démontrer sa capacité à produire l’électricité annoncée et à contribuer durablement à l’approvisionnement du pays.
Le financement privé, un levier pour l’électricité solaire
Le financement de Kong Solaire met en évidence un enjeu majeur pour le développement de l’électricité solaire en Afrique. La construction d’une centrale nécessite des capitaux importants avant même la première production. Les financements de long terme peuvent aider les promoteurs à franchir cette étape et à partager les risques liés au développement des infrastructures.
Dans le cas de Kong, l’électricité produite doit être vendue à CI-ENERGIES, l’opérateur public du secteur électrique, dans le cadre d’un contrat d’achat à long terme. Ce type d’accord offre une visibilité sur les débouchés de la production et peut faciliter la mobilisation de financements.
Pour la Côte d’Ivoire, ce projet s’inscrit dans une dynamique de diversification du mix électrique. Le développement des énergies renouvelables peut contribuer à répondre à la demande croissante tout en limitant la dépendance aux moyens de production les plus émetteurs.
Cette dynamique concerne l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Mais les investissements privés ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir un meilleur accès à l’électricité. Les réseaux doivent pouvoir transporter la production, les opérateurs doivent assurer la continuité du service et les coûts doivent rester compatibles avec les capacités des consommateurs. L’électricité solaire ne produit pleinement ses effets que si ces conditions sont réunies.
Des bénéfices climatiques à confirmer après 2028
Les 54 000 tonnes de CO₂ évitées annuellement constituent un bénéfice climatique attendu. Le volume réel dépendra notamment de la production effective de la centrale et des sources d’électricité auxquelles elle se substituera. Le suivi devra donc comparer les prévisions aux résultats obtenus après la mise en service.
Le projet soulève aussi une question essentielle pour la transition énergétique en Afrique de l’Ouest. Comment s’assurer que les nouvelles capacités de production améliorent concrètement la disponibilité de l’électricité pour les ménages, les entreprises et les services essentiels ?
La réponse dépendra autant de la performance de l’installation que de son intégration au réseau national. Les investissements privés dans les énergies renouvelables peuvent accélérer le développement des infrastructures, à condition de s’accompagner d’une planification du réseau et d’un suivi transparent des résultats.
À Kong, le rendez-vous décisif sera donc celui de 2028. La production réelle, les émissions évitées et la contribution au système électrique permettront alors d’évaluer la portée de cet investissement au-delà des objectifs annoncés.
