À la COP17, l’Afrique attend des financements à la hauteur de ses écosystèmes

Financement de la biodiversité en Afrique et préservation des mangroves

Réunis à Erevan jusqu’au 30 octobre, les pays évaluent les progrès accomplis depuis l’accord mondial de 2022. Pour les États africains, le défi est de transformer les engagements en ressources accessibles.

Le financement de la biodiversité en Afrique est au cœur de la COP17, ouverte le 19 octobre 2026 en Arménie. Forêts, mangroves, savanes et zones humides soutiennent l’alimentation, l’accès à l’eau et les revenus de millions de personnes. Pourtant, leur conservation manque de moyens.

Le financement de la biodiversité en Afrique reste insuffisant

Adopté en 2022, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal vise au moins 200 milliards de dollars par an d’ici à 2030, toutes sources confondues, dont 30 milliards de financements internationaux pour les pays en développement. L’organisation de coopération et de développement économiques (ocde) estime les dépenses mondiales favorables à la biodiversité entre 75 et 92 milliards de dollars par an. Ce montant reste inférieur à l’objectif mondial de 200 milliards de dollars par an. 

Certaines aires protégées manquent de moyens pour surveiller les territoires, tandis que la restauration des écosystèmes reste limitée à quelques sites. La dégradation des sols, des forêts et des milieux côtiers fragilise la pêche, l’agriculture et le tourisme, avec des effets sur les revenus et la sécurité alimentaire.

L’accès aux fonds constitue un autre obstacle. Les procédures sont complexes, les projets doivent démontrer des résultats mesurables et les administrations ne disposent pas toujours des équipes nécessaires pour préparer les dossiers. Un engagement ne signifie pas que l’argent a été versé.

Des financements innovants, mais pas de solution miracle

Les budgets publics et l’aide internationale demeurent indispensables. Ils peuvent être complétés par des financements innovants, comme les obligations vertes, les fonds d’investissement à impact ou les paiements pour services écosystémiques. À la COP17, la Banque africaine de développement entend promouvoir des mécanismes capables d’attirer des capitaux vers les aires protégées et les activités favorables à la nature. Ces financements innovants doivent cependant être adaptés aux réalités locales.

Mais les investisseurs privés recherchent des revenus ou des garanties, alors que la conservation de la biodiversité produit souvent des bénéfices collectifs difficiles à monétiser. Sans règles transparentes, contrôle indépendant et partage équitable des avantages, les projets risquent de délaisser les communautés les plus vulnérables.

Les solutions fondées sur la nature peuvent rapprocher protection de l’environnement et développement. Restaurer une mangrove aide à protéger le littoral et les zones de reproduction des poissons. Réhabiliter des terres dégradées améliore la rétention de l’eau et peut soutenir les cultures. Ces solutions fondées sur la nature doivent être intégrées aux politiques agricoles et climatiques, avec des indicateurs pour évaluer leurs effets.

L’adaptation de l’agriculture africaine face aux risques climatiques illustre l’intérêt de lier la protection des ressources naturelles aux moyens de subsistance des producteurs.

Réorienter les dépenses et suivre les résultats

Trouver de nouveaux capitaux ne suffira pas si d’autres dépenses encouragent la destruction des habitats. Le cadre mondial appelle à réduire ou réformer d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici à 2030 les subventions et incitations néfastes pour la biodiversité. Réorienter ces ressources compte autant que mobiliser de nouveaux financements.

Les pays africains doivent renforcer leurs budgets, faciliter l’accès aux fonds internationaux et associer les communautés à la gestion des ressources. Les financements doivent être suivis publiquement pour distinguer les montants promis, ceux réellement versés et les résultats obtenus.

La COP17 constitue le premier bilan mondial depuis l’adoption du cadre de Kunming-Montréal. Les discussions d’Erevan devront préciser comment combler l’écart financier avant 2030. Pour l’Afrique, la réussite ne se mesurera pas au nombre d’annonces, mais à la capacité de financer durablement la conservation de la biodiversité et la restauration des écosystèmes.

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