Le Gouvernement béninois et le Groupe de la Banque mondiale ont signé, le 17 juillet 2026 à Cotonou, deux accords de financement d’un montant global de 320 millions de dollars américains. Répartis entre un projet de barrage hydro-multifonction et un programme dédié à la nutrition et au développement de la petite enfance, ces investissements traduisent une approche qui associe infrastructures productives et développement humain.
Le financement a été officiellement signé à la Cité ministérielle de Cotonou, en présence d’une importante délégation gouvernementale, de représentants du Groupe de la Banque mondiale et de plusieurs partenaires techniques et financiers. Complémentaires dans leurs objectifs, les deux projets témoignent de la volonté des autorités béninoises de soutenir simultanément la transformation économique du pays et le renforcement du capital humain.
Deux investissements structurants pour le développement du Bénin
Le premier accord, d’un montant de 150 millions de dollars américains, est consacré au lancement des travaux de construction du barrage hydro-multifonction de Dogo-Bis, dans la vallée de l’Ouémé. Cette infrastructure stratégique ambitionne de renforcer la production nationale d’énergie, sécuriser l’approvisionnement en eau et soutenir le développement d’un pôle agro-industriel.
Le ministre de l’Économie et des Finances chargé de la Coopération, Aristide Médénou, a indiqué que le barrage permettra de produire plus de 120 mégawatts d’électricité, d’irriguer plus de 170 000 hectares de terres agricoles et de générer plus de 180 000 emplois directs et indirects à terme. Des performances qui illustrent le caractère multifonctionnel du projet et son potentiel de transformation économique pour le territoire.
Le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Édouard Dahome, a pour sa part souligné que cette infrastructure contribuera à dynamiser la vallée de l’Ouémé, à soutenir les activités agricoles et à accroître durablement les capacités nationales de production électrique.
Le second accord de financement, évalué à 170 millions de dollars américains, porte sur le Programme ALAFIA I « Nourrir le Bénin pour l’avenir ». Ce programme vise à améliorer durablement l’accès des populations à des services intégrés de qualité en matière de nutrition, de santé et de développement de la petite enfance, avec une attention particulière portée aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes et aux jeunes enfants.
L’énergie et la nutrition comme leviers de transformation
Le Programme ALAFIA I s’inscrit dans la continuité des initiatives nationales visant à améliorer l’état nutritionnel des populations les plus vulnérables. Il repose sur un constat désormais largement documenté : les premières années de vie jouent un rôle déterminant dans le développement cognitif, physique et social des enfants.
Un accès adéquat à la nutrition au cours des mille premiers jours de vie contribue non seulement à améliorer les indicateurs de santé publique, mais également à renforcer le capital humain nécessaire au développement économique du pays. Investir dans la nutrition constitue ainsi un investissement de long terme dans les compétences et la productivité des générations futures.
Ces deux financements illustrent la diversité des leviers mobilisés pour accompagner la transformation structurelle du Bénin, en associant développement des infrastructures et renforcement des capacités humaines.
Une approche qui associe croissance économique et développement humain
Au-delà des montants mobilisés, ces accords témoignent d’une vision du développement fondée sur la complémentarité entre investissements productifs et investissements sociaux. Le barrage de Dogo-Bis agit sur les déterminants de la croissance économique à travers l’énergie, l’agriculture et l’emploi, tandis que le Programme ALAFIA I mise sur la santé et la nutrition comme facteurs de développement durable.
Cette articulation contribue directement à plusieurs objectifs de développement durable, notamment l’ODD 2 relatif à l’élimination de la faim et à l’amélioration de la nutrition, l’ODD 3 consacré à la santé et au bien-être, l’ODD 7 sur l’accès à une énergie propre et abordable, l’ODD 8 relatif au travail décent et à la croissance économique ainsi que l’ODD 9 consacré aux infrastructures résilientes et à l’industrialisation durable.
À travers ces deux projets, le Bénin fait le choix d’investir simultanément dans les infrastructures stratégiques et le capital humain, deux dimensions désormais indissociables d’une croissance durable et inclusive. En agissant à la fois sur l’accès à l’énergie, la productivité agricole, l’emploi, la nutrition et le développement de la petite enfance, ces investissements contribuent à l’une des priorités affichées du Gouvernement : l’éradication de l’extrême pauvreté. Une ambition qui suppose de renforcer durablement les capacités économiques des territoires tout en améliorant les conditions de vie et les opportunités offertes aux populations les plus vulnérables.
