Le développement des énergies renouvelables progresse en Afrique, mais les réseaux électriques ne suivent pas toujours le même rythme. Transporter l’électricité, renforcer les infrastructures et mieux relier les pays deviennent indispensables pour transformer les nouvelles capacités de production en accès réel à l’énergie et en activités économiques.
Le 23 septembre, à l’occasion du Climate Summit 2026 des Nations unies, le Secrétaire général de l’ONU a lancé le Global Grids Accelerator. L’initiative doit aider les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est à transformer leurs priorités en projets de réseaux électriques pouvant être préparés, financés et réalisés.
Pour l’Afrique, l’enjeu est important. Le continent doit à la fois améliorer l’accès à l’électricité, répondre à une demande qui augmente et intégrer davantage d’énergies renouvelables dans ses systèmes électriques.
Produire de l’électricité ne suffit pas
Un parc solaire ou éolien peut produire une grande quantité d’électricité sans que celle-ci puisse être acheminée efficacement jusqu’aux consommateurs. Il faut pour cela des lignes de transport, des postes électriques, des réseaux de distribution et des interconnexions capables de supporter cette production.Le problème dépasse largement l’Afrique.
Plus de 2 500 gigawatts de projets d’énergies renouvelables sont actuellement bloqués dans des files d’attente de raccordement au réseau dans le monde. Les investissements annuels dans les réseaux atteignent environ 450 milliards de dollars, mais devraient augmenter d’environ 50 % d’ici 2030.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 80 millions de kilomètres de réseaux devront être ajoutés ou rénovés d’ici 2040, soit environ l’équivalent de l’ensemble du réseau mondial actuel.
Pour les pays africains, cette contrainte touche directement l’accès à l’électricité. Elle peut également ralentir l’arrivée de nouvelles capacités renouvelables, limiter l’activité industrielle et compliquer l’électrification des entreprises, des services publics et des ménages.
Des réseaux plus solides permettraient aussi de mieux exploiter les ressources solaires, éoliennes et hydrauliques disponibles sur le continent. Les interconnexions régionales offrent, de leur côté, la possibilité de faire circuler l’électricité entre plusieurs pays et de mieux équilibrer les systèmes électriques.
Transformer les projets en investissement
Le problème n’est donc pas uniquement de construire davantage de lignes électriques. Il faut aussi transformer les plans énergétiques en projets suffisamment préparés pour attirer des financements et passer à la réalisation. C’est précisément le rôle donné au Global Grids Accelerator.
L’initiative ne crée pas une nouvelle institution financière. Elle doit plutôt rapprocher gouvernements, banques de développement, investisseurs, opérateurs électriques, entreprises technologiques et organisations internationales autour des projets considérés comme prioritaires par les pays.
En Afrique, elle doit notamment s’appuyer sur des initiatives déjà engagées, comme le Continental Power System Master Plan, le Marché unique africain de l’électricité, le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), Mission 300 et les National Energy Compacts. L’objectif est également de soutenir les interconnexions régionales et les infrastructures nécessaires à une électricité plus fiable et abordable.
Cette logique rejoint les objectifs de Mission 300, qui vise à connecter 300 millions de personnes supplémentaires à l’électricité en Afrique d’ici 2030. Le renforcement des réseaux peut ainsi accompagner une transformation plus large : davantage d’accès à l’énergie, plus d’activités économiques et une meilleure intégration des énergies renouvelables.
La transition énergétique africaine ne se jouera donc pas uniquement sur les capacités solaires, éoliennes ou hydrauliques installées. Elle dépendra aussi de la capacité à construire, moderniser et connecter les réseaux qui permettent à cette électricité de circuler.
Le lancement du Global Grids Accelerator place cette question au centre de l’agenda international. Pour l’Afrique, il s’agit désormais de faire en sorte que les investissements dans les réseaux accompagnent ses priorités d’accès à l’énergie, d’industrialisation et de développement durable. L’initiative entend justement aider les pays à passer des plans et priorités à des projets concrets.
