Grande Muraille Verte: 78 millions de dollars pour restaurer les terres du Sahel

Un nouveau programme soutenu par le Fonds pour l’environnement mondial veut accélérer la restauration des terres dégradées dans neuf pays de la Grande Muraille Verte. Plus de 270 000 hectares sont ciblés, avec l’ambition d’améliorer les moyens de subsistance de 5 millions de personnes.

La Grande Muraille Verte change progressivement d’échelle. Lancée en 2007 sous l’égide de l’Union africaine pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, l’initiative entre dans une nouvelle phase avec un programme régional annoncé le 6 octobre par le Programme des Nations unies pour l’environnement.

Le Fonds pour l’environnement mondial apporte 78 millions de dollars à cette nouvelle opération, qui réunit le Burkina Faso, le Tchad, l’Éthiopie, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Sénégal. Avec les cofinancements mobilisés auprès notamment du Fonds vert pour le climat, du FIDA, de la FAO et de partenaires bilatéraux, les ressources disponibles pour le programme dépassent 500 millions de dollars.

La Grande Muraille Verte veut accélérer la restauration des terres

Le besoin est considérable dans une région où la dégradation des terres pèse directement sur l’agriculture, l’élevage et l’accès aux ressources naturelles. Selon le PNUE, environ deux tiers des terres productives du Sahel sont dégradées. La région se réchauffe également environ 1,5 fois plus rapidement que la moyenne mondiale.

La nouvelle opération vise donc plus qu’une multiplication des plantations d’arbres. Elle entend restaurer des paysages et renforcer les écosystèmes dont dépendent les activités rurales. Agriculture, pastoralisme, forêts et zones humides sont ainsi concernés par différentes interventions adaptées aux territoires.

Le programme doit permettre de restaurer plus de 270 000 hectares et d’améliorer les moyens de subsistance de 5 millions de personnes, dont plus de la moitié sont des femmes. Ces chiffres correspondent aux objectifs fixés pour le programme et non à des résultats déjà atteints.

Du reboisement à la restauration des paysages

La répartition des interventions montre l’ampleur et la diversité de l’opération. Au Mali, 150 000 hectares doivent être régénérés dans les régions de Kayes, Nioro et Ségou. Au Niger, 55 000 hectares de terres agricoles, de zones boisées et de pâturages sont ciblés.

En Gambie, la restauration des zones humides et des corridors forestiers doit bénéficier à près de 800 000 personnes, dont une majorité de femmes. En Éthiopie, 22 000 hectares de terres dégradées sont ciblés pour la restauration, tandis que 40 000 hectares de forêts naturelles doivent faire l’objet d’une meilleure gestion. Au Nigeria et en Mauritanie, des activités économiques portées par des femmes sont également intégrées au dispositif. L’objectif est ainsi de relier restauration écologique et amélioration des conditions de vie.

Le changement tient aussi à la manière de travailler. Le PNUE met en avant un cadre régional commun destiné à améliorer la planification, le suivi des résultats et le partage des connaissances entre les pays. Huit des dix projets du programme seront mis en œuvre par le PNUE, tandis que la Banque ouest-africaine de développement en exécutera deux.

Le défi sera désormais de tenir les objectifs

Le nouveau programme s’inscrit dans une ambition plus large des pays de la Grande Muraille Verte, qui se sont engagés à placer 30 % des terres dégradées sous restauration d’ici 2030. Il intervient après plus d’une décennie d’actions nationales et régionales et cherche désormais à mieux coordonner les investissements et à mesurer les progrès réalisés.

La prochaine étape sera donc moins celle de l’annonce financière que celle de l’exécution. Restaurer 270 000 hectares suppose des interventions adaptées aux sols, à l’eau, aux systèmes agricoles et aux usages locaux. Pour les 5 millions de personnes visées, l’enjeu final restera très concret. Il s’agit de retrouver des terres productives, préserver les ressources naturelles et disposer de moyens de subsistance plus résistants aux sécheresses et aux autres chocs climatiques.

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