Salma Bashir, de l’échec du maïs à la réussite du blé

Culture de blé au Nigeria

Après deux années difficiles avec le maïs, Salma Bashir a changé de culture. Dans l’État de Kano, au Nigeria, cette diplômée en agriculture a récolté environ 2,6 tonnes de blé par hectare lors de sa première campagne. Son parcours rappelle ce qui peut changer lorsqu’une agricultrice accède aux semences, à la formation et aux acheteurs.

La culture du blé au Nigeria a ouvert de nouvelles perspectives à Salma Bashir, une agricultrice de 31 ans qui voulait vivre de son métier après ses études universitaires. Installée à Kura, dans l’État de Kano, elle a d’abord cultivé du maïs, sans obtenir les résultats espérés. Sa rencontre avec un programme d’appui agricole l’a amenée à tenter une autre voie.

Culture du blé au Nigeria, un choix après les difficultés du maïs

Salma Bashir avait pourtant choisi un domaine qu’elle connaissait. Diplômée en agriculture, elle s’est lancée dans la production en commençant par le maïs sur une parcelle d’un demi-hectare. Mais les deux premières années ont été décevantes. Les résultats ne lui permettaient pas de tirer suffisamment de son exploitation et elle a envisagé d’abandonner.

En 2024, une amie lui a parlé du programme nigérian Agricultural Growth Scheme–Agro Pocket financé par la Banque africaine de développement. Salma s’est inscrite auprès du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire de l’État de Kano. Elle a ensuite décidé de consacrer un hectare à la production de blé pendant la saison sèche 2024-2025.

Ce changement n’était pas une garantie de réussite. Il lui donnait toutefois accès à des moyens de production et à un accompagnement qui lui avaient jusque-là manqué. Pour les jeunes agriculteurs qui souhaitent se lancer, son expérience souligne l’importance de pouvoir tester une autre culture sans devoir tout apprendre seuls.

Des semences et une formation qui changent la récolte

Dans le cadre du programme, Salma a reçu des semences certifiées, des engrais subventionnés ainsi que des produits destinés à protéger ses cultures. Elle a également bénéficié d’une formation sur les bonnes pratiques agricoles et la gestion d’une exploitation. La protection des cultures fait aussi partie des solutions recherchées par les producteurs, notamment à travers des alternatives aux produits chimiques conventionnels, comme l’illustre l’initiative béninoise Ecopticide Agri et son approche fondée sur un biopesticide.

En avril 2025, elle a récolté 52 sacs de blé d’environ 50 kilogrammes chacun. Cela représente près de 2,6 tonnes sur un hectare. Elle a vendu sa récolte pour un montant annoncé de 1,04 million de nairas, soit environ 800 dollars.

Ce montant correspond aux ventes, pas au bénéfice net. Le résultat reste néanmoins un tournant dans son parcours. L’accès aux intrants et aux acheteurs lui a permis de mieux valoriser sa production de blé. Il rappelle aussi que la rentabilité agricole ne dépend pas uniquement du rendement au champ. Le prix de vente, le coût des intrants et la possibilité d’écouler la récolte comptent tout autant.

Pour les jeunes agriculteurs, cet exemple met en évidence une réalité concrète. Une formation universitaire est utile, mais elle ne remplace ni les moyens de produire ni les relations commerciales nécessaires pour vendre. À plus grande échelle, le développement de la production de blé au Nigeria peut aussi contribuer à réduire la dépendance du pays aux importations et à renforcer sa sécurité alimentaire.

De quoi a-t-elle besoin pour aller plus loin ?

La récolte de 2025 constitue une étape, pas la garantie de revenus identiques à chaque campagne. Pour poursuivre son activité, Salma aura besoin de pouvoir accéder aux intrants au bon moment, de conseils techniques adaptés et de débouchés fiables. Ce sont des conditions essentielles pour consolider ses revenus agricoles et envisager une augmentation des surfaces cultivées.

Le défi dépasse son seul parcours. Au Nigeria, développer la filière blé suppose de soutenir les producteurs tout au long de la chaîne, depuis l’approvisionnement en semences jusqu’à la commercialisation. La sécurité alimentaire dépend aussi de cette capacité à produire localement dans des conditions économiquement viables malgré le contexte de changement climatique.

L’expérience de Salma Bashir ne signifie pas que le blé sera rentable partout ni pour tous les producteurs. Elle montre plutôt ce que peut permettre un accompagnement adapté lorsqu’il répond aux besoins réels d’une exploitation. Pour que d’autres agriculteurs suivent cette voie, il faudra que les moyens de production, la formation et l’accès au marché restent accessibles au-delà d’une seule campagne.

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