Dans quatre communes du Bénin, des coopératives GIRE disposent désormais d’équipements pour développer la pisciculture et le maraîchage autour de mares aménagées dans le cadre du programme DURAGIRE.
Une mare peut être bien plus qu’un point d’eau. Lorsqu’elle est aménagée et gérée avec les communautés, elle peut soutenir la production alimentaire, créer des activités économiques et contribuer à renforcer la résilience des ménages.
C’est l’approche mise en avant par le programme DURAGIRE, consacré à la gestion intégrée des ressources en eau dans la basse et moyenne vallée de l’Ouémé. Le programme vise notamment à renforcer la gouvernance de l’eau, les mécanismes locaux de gestion et les investissements communautaires dans des actions de gestion durable des ressources en eau.
Les 27 et 28 août 2026, cette orientation s’est traduite sur le terrain par la remise d’équipements de pisciculture et de maraîchage à 10 coopératives GIRE dans les communes d’Adja-Ouèrè, Ouinhi, Zagnanado et Zogbodomey.
Des mares pensées aussi comme des espaces de production
Dans ces localités, les mares surcreusées constituent d’abord des réserves d’eau. Mais leur potentiel ne s’arrête pas là. L’objectif est de permettre aux communautés de valoriser cette ressource pour développer des activités productives, tout en veillant à sa gestion responsable.
À travers son partenaire technique CREDI-ONG, le programme DURAGIRE a ainsi remis différents équipements destinés aux coopératives bénéficiaires. Pour la pisciculture, il s’agit notamment de filets, de kits d’alevins, de viviers, d’épuisettes et de balances. Pour le maraîchage, les coopératives ont reçu des semences ainsi que des motopompes, arrosoirs, pulvérisateurs, houes, pioches, pelles, brouettes et râteaux.

L’enjeu est concret : permettre aux producteurs de mieux exploiter les possibilités offertes par les ressources en eau disponibles à proximité, produire davantage et diversifier leurs sources de revenus.
Cette logique correspond à l’un des principes de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) : considérer l’eau comme une ressource à gérer de manière coordonnée, en tenant compte à la fois des besoins des populations, des activités économiques et de la préservation des écosystèmes.
Le programme DURAGIRE intervient dans 14 communes du Delta de l’Ouémé, avec notamment l’appui de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB), de SNV et de VNG International. Il bénéficie du soutien financier des Pays-Bas.
Produire davantage sans épuiser la ressource
La véritable portée de ces équipements se mesurera toutefois dans la durée. Une motopompe, des semences ou du matériel de pisciculture ne constituent qu’un point de départ. La pérennité des activités dépendra de la capacité des coopératives à organiser la production, entretenir les équipements, commercialiser les produits et surtout préserver la disponibilité de l’eau.
C’est là que la dimension communautaire prend tout son sens. La remise des équipements s’est déroulée en présence des autorités communales, des Points focaux DURAGIRE, des CCEC/ATDA, des membres des Comités locaux de l’eau (CLE) et des coopératives bénéficiaires. Ces instances participent à l’organisation et au dialogue autour de la gestion des ressources en eau.
D’autres initiatives du programme illustrent déjà cette volonté de relier gestion de l’eau et activités économiques. À Bozoungba, par exemple, un projet porté par CREDI-ONG et la coopérative MAWUKLO prévoit l’aménagement d’un drain de quatre kilomètres afin de restaurer des terres agricoles et de soutenir la valorisation maraîchère.
La démarche est particulièrement intéressante dans un contexte où la résilience des territoires passe aussi par la capacité des communautés à tirer une valeur durable des ressources dont elles disposent localement.
Pour les dix coopératives bénéficiaires, les prochaines étapes seront donc décisives : transformer les équipements reçus en productions régulières, en aliments disponibles et en revenus, sans compromettre l’équilibre des ressources en eau.
À travers ces mares, l’enjeu n’est finalement pas seulement de stocker l’eau. Il est aussi de créer les conditions pour qu’elle puisse soutenir durablement l’économie locale, la sécurité alimentaire et la résilience des communautés.
