En Gambie, la lutte contre le cancer du col de l'utérus s'intensifie

En misant sur les écoles, les communautés et la mobilisation des acteurs locaux, la Gambie poursuit ses efforts pour améliorer la couverture vaccinale contre le virus du papillome humain chez les adolescentes.

Une campagne de vaccination au plus près des communautés

Mise en œuvre par le ministère gambien de la Santé à travers le Programme élargi de vaccination, avec l’appui du ministère de l’Éducation de base et de l’Enseignement secondaire, de l’OMS, de l’UNICEF et de Gavi, l’Alliance du Vaccin, la campagne s’est déroulée dans trois régions du pays.

L’objectif était de rattraper les adolescentes qui n’avaient pas bénéficié de la campagne nationale de vaccination de 2025. Pour y parvenir, les équipes sanitaires ont adopté une stratégie de proximité en déployant les vaccins dans les écoles, les madrassas et les communautés, permettant ainsi de toucher les filles âgées de 9 à 14 ans, qu’elles soient scolarisées ou non.

Près de 9 000 adolescentes étaient ciblées par cette campagne de rattrapage. À son terme, environ 8 500 filles avaient reçu le vaccin, soit un taux de couverture vaccinale de 95 %.

La confiance des communautés, un levier essentiel

Au-delà des résultats obtenus, la campagne met en lumière l’importance de l’adhésion des communautés dans les politiques de santé publique. Enseignants, responsables éducatifs et leaders religieux ont joué un rôle déterminant dans la sensibilisation des familles et l’acceptation du vaccin.

À l’école primaire de Wulingkama, le directeur Fakebba Kolley a notamment utilisé les groupes WhatsApp des parents d’élèves pour expliquer les enjeux de la vaccination. Cette initiative a permis d’obtenir le consentement de 98 % des parents concernés.

Pour le Dr Nathan Bakyaita, représentant de l’OMS en Gambie, le succès de cette campagne illustre le renforcement progressif du système de vaccination du pays et la confiance croissante des populations envers les services de santé. Selon lui, l’objectif ultime reste de permettre aux jeunes filles de grandir protégées contre une maladie largement évitable grâce à la vaccination.

Un investissement dans la santé des générations futures

Cette initiative contribue directement à l’atteinte de l’objectif de développement durable 3 (ODD 3), consacré à la santé et au bien-être, notamment à travers la cible 3.8 qui vise à garantir l’accès de tous à des services de santé essentiels de qualité.

Au-delà de la prévention du cancer du col de l’utérus, elle rappelle qu’un accès équitable à la vaccination constitue un investissement de long terme dans la santé, l’autonomisation et le développement des générations futures. L’expérience gambienne montre ainsi qu’une stratégie associant proximité, coordination institutionnelle et engagement communautaire peut significativement améliorer l’accès des adolescentes aux services de santé préventifs.

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