Guinée : EWASME élargit son soutien aux entreprises féminines du riz

Femmes entrepreneures accompagnées par le projet EWASME dans la filière riz en Guinée

En Guinée, le projet EWASME élargit son intervention à Conakry, Forécariah et Kankan. Cette nouvelle étape doit permettre d’accompagner davantage d’entreprises dirigées par des femmes dans une filière rizicole stratégique pour l’économie et la sécurité alimentaire du pays.

Le Comité technique du projet a validé cette extension lors de sa réunion du 10 septembre 2026, consacrée au suivi du plan de travail annuel. Une deuxième cohorte d’entreprises sera ainsi constituée à travers un nouvel appel à candidatures. 

Depuis son lancement, EWASME (Empowering West African Women Small & Medium Enterprises) accompagne les petites, moyennes et très petites entreprises dirigées par des femmes dans la chaîne de valeur du riz en Afrique de l’Ouest. En Guinée, le projet est financé par la Banque islamique de développement (BID) et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage.

Des équipements et des compétences pour faire grandir les entreprises

Le riz occupe une place importante dans l’alimentation des ménages guinéens. Dans sa transformation et sa commercialisation, les femmes occupent également une place importante, notamment à travers de petites entreprises confrontées à des besoins de financement, d’équipement et d’accès aux marchés. EWASME cherche précisément à agir sur ces différents leviers. 

Au troisième trimestre 2026, 230 entreprises dirigées par des femmes sont accompagnées par le projet en Guinée. Parmi elles, 118 ont reçu des équipements, notamment des décortiqueuses et des tricycles motorisés, pour une valeur totale de 512 000 dollars. Ces investissements doivent permettre d’augmenter les capacités de transformation et de faciliter l’acheminement du riz vers les marchés. 

L’accompagnement porte également sur les compétences. 348 femmes entrepreneures ont été formées en gestion d’entreprise et en gestion financière. Le projet a par ailleurs établi des liens commerciaux avec dix acheteurs nationauxet identifié quatre normes juridiques et réglementaires susceptibles d’être améliorées afin de favoriser davantage l’entrepreneuriat féminin. Les interventions engagées bénéficient déjà à environ 2 500 personnes. 

L’approche dépasse ainsi la seule fourniture de matériel : elle combine capacités entrepreneuriales, accès au marché et amélioration de l’environnement des affaires. C’est l’un des principes structurants d’EWASME, déployé dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest (la Guinée, le Niger, le Sénégal et la Sierra Leone). 

Une deuxième cohorte pour élargir les opportunités

L’extension à Conakry, Forécariah et Kankan doit permettre d’identifier de nouvelles entreprises et d’élargir le nombre de bénéficiaires. Des entrepreneures situées en dehors du périmètre initial, notamment à Coyah, avaient déjà manifesté leur intérêt pour le dispositif. 

Le nouvel appel à candidatures sera relayé auprès des services techniques et des directions préfectorales de l’Agriculture, mais aussi par les radios communautaires. Un choix destiné notamment à toucher les entrepreneures rurales qui disposent d’un accès limité aux canaux numériques.

Cette deuxième cohorte intervient alors que le projet poursuit également la mise en œuvre des activités prévues pour 2026. Sur les 15 activités programmées, 11 sont en cours d’exécution. Le Comité technique a notamment demandé d’accélérer la livraison des équipements encore attendus par certaines entreprises de la première cohorte et le processus préalable au décaissement de certaines micro-subventions destinées au fonds de roulement. 

L’enjeu est donc désormais de consolider les premiers acquis tout en élargissant l’accès au dispositif. Pour la Guinée, il s’agit aussi de renforcer la participation des femmes à une chaîne de valeur directement liée à la sécurité alimentaire, aux revenus et à l’activité économique locale.

À travers cette dynamique, EWASME s’inscrit dans plusieurs dimensions du développement durable : l’ODD 2 sur la sécurité alimentaire, l’ODD 5 sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, et l’ODD 8 sur le travail décent et la croissance économique. L’objectif n’est donc pas seulement d’appuyer des entreprises, mais de renforcer la capacité des femmes à prendre pleinement part au développement des chaînes de valeur locales.

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