De 2027 à 2031, le nouveau programme de coopération entre le Mali et l’UNICEF met l’accent sur les services sociaux essentiels, le renforcement des systèmes nationaux et la résilience des enfants et des communautés.
Le nouveau cycle de coopération entre le Mali et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) entre dans une nouvelle phase. Présenté au Conseil d’administration de l’organisation lors de sa deuxième session ordinaire de 2026, le programme couvre la période 2027-2031 et prend le relais du cycle 2020-2026. Il prévoit un budget indicatif de 343,7 millions de dollars, dont 108,2 millions de ressources ordinaires et 235,5 millions d’autres ressources, sous réserve de la disponibilité des financements.
Au-delà de l’enveloppe financière, le nouveau programme traduit une évolution importante dans la manière d’aborder les enjeux liés aux enfants. Il entend agir davantage sur les systèmes, les politiques publiques et les capacités nationales, en cohérence avec les priorités définies par le Mali.
Un programme ancré dans les priorités nationales
Le programme de coopération 2027-2031 s’inscrit dans le Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable 2027-2031 et contribue à la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033, présentée par le document comme le nouveau cadre de référence du pays en matière de développement. Il est également aligné sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, les Objectifs de développement durable (ODD) et les engagements internationaux du Mali en matière de droits de l’enfant.
Cette articulation donne au nouveau cycle une dimension qui dépasse la seule mise en œuvre de projets. Le Gouvernement du Mali est identifié comme un partenaire clé pour le dialogue sur les politiques publiques, le renforcement de la gouvernance et la mise à l’échelle des politiques en faveur des enfants et des adolescents. L’UNICEF prévoit également de travailler avec les collectivités et acteurs locaux, les organisations de la société civile, les institutions de recherche et le secteur privé.
Le programme tire par ailleurs des enseignements du cycle précédent. Parmi les priorités identifiées figurent un meilleur ciblage des adolescents confrontés à plusieurs formes de privation, un effort accru vers les populations difficiles à atteindre et le recours à des approches multisectorielles et coordonnées.
Cette orientation intervient dans un contexte où les enfants représentent 53,6 % de la population malienne, selon le document de programme. Celui-ci relève également que 35,6 % des enfants et adolescents sont touchés par la pauvreté multidimensionnelle, avec des écarts importants entre zones rurales et urbaines.
Santé, éducation, protection : agir sur les systèmes
Le nouveau programme couvre plusieurs domaines essentiels : santé, nutrition, éducation, protection de l’enfance, eau, assainissement et hygiène, protection sociale et résilience face aux crises.
Dans le domaine de la santé, l’objectif est notamment d’améliorer l’accès équitable et continu aux soins, avec une attention particulière à la vaccination, aux enfants « zéro dose », à la santé communautaire et au renforcement des capacités des systèmes de santé. Le programme prévoit aussi de favoriser des solutions énergétiques durables pour maintenir les services essentiels dans les zones fragiles ou difficiles d’accès.
L’éducation constitue un autre axe majeur. Le programme vise à améliorer les apprentissages fondamentaux, à réduire le nombre d’enfants non scolarisés et à développer des parcours plus flexibles pour les adolescents. Les compétences numériques et professionnelles font également partie des pistes retenues, notamment pour faciliter l’employabilité des jeunes.
La protection de l’enfance occupe enfin une place importante, avec des interventions portant sur l’enregistrement des naissances, la prévention des violences, le mariage des enfants, le renforcement du travail social et l’amélioration de la coordination entre les secteurs de la santé, de l’éducation et de la justice.
L’un des traits structurants du nouveau cycle réside ainsi dans la volonté de consolider les capacités nationales et locales. Le programme prévoit de renforcer la planification, la budgétisation, la supervision des services sociaux et l’utilisation des données pour orienter les décisions publiques. Il mise également sur des approches intégrées combinant développement, action humanitaire et consolidation de la paix lorsque les contextes l’exigent.
Pour le Mali, l’enjeu des cinq prochaines années sera donc autant de maintenir l’accès aux services essentiels que de renforcer leur qualité, leur résilience et leur capacité à répondre aux réalités des territoires.
Le nouveau cycle Mali-UNICEF s’inscrit dans cette perspective : un partenariat davantage articulé aux politiques publiques nationales, aux capacités des institutions et aux réalités locales, avec pour finalité de faire progresser les droits et les opportunités des enfants et des adolescents à l’horizon 2031.
