À Sourkoudougou, près de Bobo-Dioulasso, un jardin scolaire installé par SAFEVEG illustre comment agriculture durable, nutrition et éducation peuvent se rejoindre pour renforcer la résilience des communautés rurales.
Une école rurale transformée en espace d’apprentissage vivant

À Sourkoudougou, localité située près de Bama, non loin de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, les élèves de l’école primaire publique découvrent depuis quelques jours une nouvelle manière d’apprendre. Entre les salles de classe et la cour de récréation, un jardin scolaire vitrine vient d’être installé, transformant un simple espace de culture en outil pédagogique, nutritionnel et communautaire.
Pensé comme une salle de classe à ciel ouvert, ce jardin permettra aux enfants d’apprendre les bases du maraîchage, le cycle de l’eau, la biodiversité, la gestion durable des ressources naturelles et les liens entre alimentation et santé. L’initiative vise ainsi à rapprocher l’éducation des réalités agricoles et environnementales auxquelles les communautés rurales sont confrontées.
Au-delà de l’apprentissage, le projet entend également améliorer la nutrition scolaire. Les légumes cultivés dans ce jardin seront produits sans pesticides chimiques dangereux et viendront, à terme, enrichir les repas de la cantine scolaire.
SAFEVEG, une réponse aux défis alimentaires et climatiques

Le jardin scolaire de Sourkoudougou s’inscrit dans le cadre du projet régional SAFEVEG, piloté par le World Vegetable Center (WorldVeg) et financé par l’Union européenne ainsi que le Royaume des Pays-Bas. Mis en œuvre au Bénin, au Burkina Faso et au Mali, le projet vise à promouvoir une production et une consommation de légumes sûrs en Afrique de l’Ouest, tout en renforçant les chaînes de valeur maraîchères à travers des pratiques agricoles durables et climato-intelligentes.
À travers cette approche, SAFEVEG entend faire du maraîchage un levier de santé, d’apprentissage et d’opportunités économiques pour les ménages. Le projet répond simultanément à plusieurs défis structurels : la malnutrition, la faible diversification alimentaire, les pertes agricoles, les effets du changement climatique et la vulnérabilité économique des communautés rurales.
L’initiative contribue également à plusieurs objectifs de développement durable des Nations unies, notamment l’odd 2 consacré à la lutte contre la faim, l’odd 3 relatif à la santé et au bien-être, l’odd 4 sur l’éducation de qualité ainsi que l’odd 13 sur l’action climatique.
Un modèle local aux impacts durables pour les communautés
Au-delà du cadre scolaire, le jardin vitrine de Sourkoudougou pourrait devenir un modèle reproductible pour d’autres communautés rurales. En impliquant enseignants, parents d’élèves, producteurs locaux et enfants, SAFEVEG cherche à installer une dynamique collective autour de l’alimentation saine, de l’agriculture durable et de la résilience communautaire.
Les impacts attendus dépassent largement la seule production de légumes. L’initiative pourrait contribuer à améliorer les habitudes alimentaires des ménages, réduire certaines dépenses liées à l’alimentation et stimuler de petites activités économiques autour du maraîchage local, notamment pour les femmes et les jeunes.
Dans un contexte sahélien marqué par les pressions climatiques et les fragilités alimentaires, le jardin de Sourkoudougou apparaît comme une démonstration concrète de la manière dont des investissements ciblés dans les systèmes alimentaires locaux peuvent produire des effets éducatifs, sociaux et économiques durables.
À travers SAFEVEG, le World Vegetable Center et ses partenaires européens défendent ainsi une vision du développement où l’agriculture ne se limite pas à la production, mais devient aussi un outil de transformation sociale, de résilience territoriale et d’investissement dans les générations futures.
