L’Angola, le Botswana, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe veulent coordonner leurs efforts face aux risques climatiques dans le bassin du Zambèze. Un programme régional de 130 millions de dollars est en préparation, avec l’appui de la Banque africaine de développement.
Du 9 au 11 septembre, des représentants des huit pays se sont réunis à Harare, au Zimbabwe, pour préciser les priorités de ce futur programme. La rencontre a réuni la Commission du cours d’eau du Zambèze (ZAMCOM), la Banque africaine de développement, la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et les Fonds d’investissement climatique, ainsi que plusieurs acteurs régionaux. Le programme vise principalement trois enjeux qui sont étroitement liés dans cette région : la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la protection des écosystèmes.
Un même bassin, des défis qui dépassent les frontières
Le Zambèze traverse ou concerne huit pays et constitue une ressource essentielle pour les populations et les économies de la région. L’eau du bassin sert notamment à l’agriculture, à la pêche, à l’approvisionnement des populations et à la production d’énergie. Son bassin couvre environ 1,4 million de km².
Les changements climatiques compliquent toutefois la gestion de cette ressource. Sécheresses, inondations et dégradation des terres peuvent affecter à la fois les récoltes, les revenus ruraux et la disponibilité de l’eau.
Dans ce contexte, les huit pays veulent travailler davantage à l’échelle du bassin. Le futur programme doit s’articuler autour de quatre domaines : gestion des ressources naturelles, résilience des communautés, renforcement des capacités et des connaissances, et coordination régionale.
L’idée est assez concrète : mieux gérer l’eau et les terres, restaurer certains paysages dégradés, soutenir une agriculture capable de mieux supporter les variations climatiques et renforcer les activités économiques qui dépendent des ressources naturelles.
Agriculture, emplois et restauration des paysages
L’agriculture occupe une place importante dans cette stratégie. Une partie des investissements doit contribuer au développement de pratiques agricoles plus adaptées au climat et au renforcement des chaînes de valeur. Le programme prévoit également de soutenir des solutions fondées sur les écosystèmes, la gestion durable des terres et de l’eau ainsi que des possibilités économiques pour les femmes et les jeunes. Cette approche rejoint les priorités déjà retenues dans les initiatives régionales consacrées au Zambèze.
La Banque africaine de développement et ses partenaires mettent notamment en avant l’agriculture et la pêche durables, la gestion des forêts et de la faune et la gestion intégrée des ressources en eau. La restauration des paysages est également présentée comme un moyen de renforcer la capacité des communautés à faire face aux chocs climatiques. Des investissements sont par ailleurs envisagés autour de la surveillance climatique et des systèmes d’alerte précoce pour des secteurs comme l’eau, l’énergie, l’agriculture et les transports.
Le montant de 130 millions de dollars correspond à un programme en préparation, et non à un financement déjà entièrement décaissé. La réunion de Harare a servi à préciser sa conception, ses priorités géographiques, ses modalités de financement et les conditions de mise en œuvre. Une mission d’évaluation doit permettre de poursuivre ce travail. Pour les huit pays, le prochain enjeu sera donc de transformer ces priorités communes en investissements concrets : des terres mieux gérées, une agriculture plus résistante aux aléas, une eau mieux valorisée et des activités économiques capables de tenir face aux chocs. Dans un bassin partagé entre plusieurs États, la coopération devient ici une condition importante pour agir à la bonne échelle.
