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Au Burundi, 2 millions de dollars pour préparer l’agriculture au choc climatique

Le gouvernement burundais et la FAO lancent un programme financé par le Fonds vert pour le climat. Objectif, renforcer les institutions et préparer des projets capables d’attirer davantage de financements pour une agriculture fragilisée par les aléas météorologiques. Le financement climatique au Burundi franchit une nouvelle étape. Les 22 et 23 septembre 2026, à Ngozi, le gouvernement et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont lancé un projet de préparation de 2 millions de dollars, soutenu par le Fonds vert pour le climat (FVC). L’enjeu est de mieux organiser l’accès du pays aux ressources destinées à l’adaptation et de transformer les priorités nationales en projets susceptibles d’être financés. Cette enveloppe n’est donc pas une aide directement distribuée aux agriculteurs. Le financement climatique au Burundi passe par un renforcement des institutions Le programme doit consolider les capacités de l’Autorité nationale désignée, chargée de coordonner les relations du Burundi avec le Fonds vert pour le climat. Il soutiendra également le processus d’accréditation de la Banque burundaise pour le commerce et l’investissement (BBCI), qui accorde des crédits agricoles à des institutions de microfinance. Cette accréditation pourrait permettre à une institution nationale de jouer un rôle plus direct dans la mobilisation des ressources du Fonds. Elle suppose toutefois des procédures, des compétences et des garanties institutionnelles solides. Le projet prévoit aussi d’améliorer la coordination entre acteurs publics, le partage des connaissances et la coopération régionale. Mis en œuvre par la FAO avec le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, le programme s’inscrit dans les priorités climatiques du pays, notamment sa contribution déterminée au niveau national et son Plan national d’adaptation. Il prolonge les efforts engagés pour structurer les demandes de financement et identifier des projets prioritaires. Le programme pays burundais pour la finance climat avait déjà défini des pistes d’investissement pour la période 2024-2027. Une agriculture exposée aux pluies irrégulières et aux sécheresses L’urgence est forte dans un pays où plus de 80 % de la population dépend de l’agriculture pluviale, selon la FAO. La hausse des températures, les précipitations irrégulières, les inondations et les sécheresses menacent les récoltes, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Pour les exploitations qui dépendent des pluies, une saison décalée ou une longue période sèche peut compromettre une campagne. L’adaptation de l’agriculture africaine suppose des investissements adaptés aux réalités locales. Mais leur préparation compte autant que leur montant. Les projets doivent répondre à des besoins identifiés, s’aligner sur les priorités nationales et présenter des résultats mesurables. Au Burundi, le programme doit contribuer à constituer un portefeuille de projets climatiques, sans annoncer de liste définitive d’investissements ni de montants attribués à chaque secteur. La recherche de solutions pour une agriculture résiliente concerne aussi la gestion de l’eau. L’irrigation en Afrique face aux risques climatiques figure parmi les pistes explorées sur le continent. Toutefois, la FAO ne précise pas que le programme burundais financera spécifiquement des infrastructures d’irrigation. Le défi sera de transformer la préparation en projets financés Les 2 millions de dollars financeront donc un travail en amont, destiné à renforcer les institutions, améliorer la coordination et préparer des propositions d’investissement. Ce type d’appui ne garantit pas automatiquement l’obtention de financements supplémentaires. Les projets devront encore être élaborés, examinés et approuvés selon les procédures du Fonds vert pour le climat. Le résultat se mesurera à la capacité du Burundi à présenter des projets solides, alignés sur ses priorités et capables de mieux protéger les communautés rurales face aux chocs climatiques. Dans un pays où l’agriculture pluviale occupe une place majeure, préparer les investissements est une étape nécessaire. Reste à transformer ces dossiers en financements effectifs et à démontrer leurs bénéfices pour les producteurs.

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